30 juin 2009
Stationnement interdit
Ces derniers temps, je déserte
mon bureau pour « aller sur le terrain ». Je suis en déplacement. Avec un S à déplacements…
Je pars souvent deux jours, dans
des villes connues ou inconnues, proches ou lointaines, attirantes ou pas, a
priori.
Je réserve donc une nuit dans des
hôtels. Que l’on m’indique ou que je trouve par moi même. Je les choisis parce
qu’ils sont dans le centre ville, parce qu’ils ne sont pas loin de la gare,
parce qu’ils rentrent dans le budget, parce que les photos du site Internet ont
l’air sympa, parce que j’ai un feeling…
Mes soirées sont souvent
solitaires mais je les aime ainsi. Loin de tous et de tout ce qui m’est
familier… Seul le contenu de ma valise m’est connu. Pour le reste, je fais des
essais. Des hypothèses. Des suppositions.
Mes journées sont pratiquement
toutes organisées de la même manière…
Je me lève aux aurores, il est
5h, 5h30 ou 6h. Après une longue douche, je finalise ma valise et je pars
prendre mon train. Avant d’y monter, je m’achète un pain au chocolat et un café
allongé. Je les avalerai assise, tranquille, alors que le train démarrera.
Si ce n’est pas trop cher, je
voyage parfois en première. Mais ce n’est pas systématique. L’ambiance
studieuse peut à la fois me convenir ou m’agacer. Tout comme les bruits vivants
de la seconde classe, qui me bercent ou m’envahissent… Alors je mets souvent de
la musique dans mes oreilles pour rester dans ma bulle.
Les trajets durent une heure, ou
deux ou trois ou quatre… Au delà je prends l’avion.
J’alterne des moments de travail,
de sommeil, de rêveries, de lecture, de contemplation extérieure… Je me laisse
guider par mes besoins. Je ne m’impose rien juste la ponctualité dans mon
déplacement.
Les gens que je viens voir
viennent me cherche à la gare. Ou pas. Lorsqu’ils viennent, nous jouons à nous reconnaître
à la sortie. J’aurai une chemise blanche.
J’aurai des lunettes. Bref, dans des villes inconnues, j’ai rendez vous
avec des inconnus. Sinon je me débrouille avec le plan que j’ai imprimé avant
ou le GPS de mon téléphone...
Après les présentations et l’accueil
caféiné, la journée de travail commence. J’anime, j’écoute, je note… Je prends.
Le midi, les déjeuners sont variables. De la pré réservation de mes hôtes dans
un bon restaurant, à la solitude la plus inattendue, tout est possible. L’invitation
par la direction, la coupure seule, le sandwich en équipe, la salade en
terrasse.
Lorsqu’arrive la fin de la
journée, je pars vers mon hôtel. Faire connaissance avec ma chambre. Je suis
rarement déçue. J’ai toujours un grand lit, la télé, le calme et le wii fi.
Un peu plus tard, je vais me
promener. Puis, je vais dîner, seule. Je me cherche un « petit resto sympa ».
En demandant à l’hôtel ou à mes hôtes professionnels.
S’il fait beau, je dîne en
terrasse, je m’offre la vue. Et je prends mon temps. J’observe les autochtones
et les touristes. Je rêvasse en goûtant la gastronomie locale… Je cogite à tout
ou à rien.
Je ne rentre jamais bien tard. Je
vaque à quelques occupations puis sombre dans un sommeil certain. Mes nuits
sont souvent agréables et réparatrices. Fatiguée de l’attention et de l’écoute
dont j’ai du faire preuve, je m’écroule.
Le lendemain, je me réveille en
constatant que je ne suis pas chez moi. Après une bonne douche, je descends
prendre mon petit déjeuner avec d’autres gens, que je ne connais pas. C’est d’ailleurs
assez étrange. Car pour moi, le petit déjeuner est un moment intime.
Si je le voulais je pourrais me
goinfrer : croissants, jambon, céréales, yaourts, confiture, jus de
fruits, pain au chocolat, baguettes, lait,… Mais je ne le veux pas. Alors je
bois un café et mange deux tartines.
Je remonte ranger et boucler ma
valise. Je jette un dernier œil et m’en vais. Adieu chambre.
Je paie. Je demande une facture.
Et je file. Je vais rejoindre mes hôtes. A pied, ou dans leur voiture s’ils ont
proposé de venir me chercher.
La journée est studieuse et plus
détendue. Le déjeuner est souvent partagé, le deuxième jour.
Puis, en milieu d’après midi ou
en début de soirée, alors que nous en avons terminé, je salue tout le monde,
remercie chaleureusement. Avec certains nous nous faisons la bise en nous
tutoyant. Puis je m’en vais. Prendre mon train. Même attitudes, mêmes gestes.
Je repars souvent souriante,
contente de mes deux journées. Ravie de ces rencontres, de ces visages, de ces
paroles.
Je me sens grandie d’avoir vu
telle ville, arpenté tel centre ville… Vu telle fameuse place ici-bas.
Le trajet commence souvent par un
bref somme. Je récupère. Puis, je m’occupe tout comme à l’aller.
Lorsque j’arrive à Paris, je
retrouve la familiarité des gares, les odeurs, la dogmatique course folle … et parfois,
mon homme est au bout du quai.
Il se passe alors un jour ou
deux, puis je repars. Vers une nouvelle aventure.
Déplacements… Véritables
stimulants relationnels, intellectuels, professionnels… Un mouvement fou qui
génère de l’énergie.
J’aime ça en ce moment. Me
déplacer. Me dé placer. Changer de place. Changer de lieu. Faire connaissance.
Me présenter. Rencontrer. Aller à la rencontre…
A nos destinations…
Un commentaire ?
Stationnement interdit ?
Tu peux toujours te garer sur les emplacements réservés aux livraisons.
Sinon à Paris y'a un truc qui s'appelle le stationnement résidentiel aussi.
Sinon enfin j'aime beaucoup ce texte.
Ton texte est effectivement superbe. Alors surtout si tu passes par chez moi, fais-moi signe, on pourra toujours boire un verre ensemble ou même un début de soirée autour d'un p'tit plat !
@Coachola : Et moi, j'aime beaucoup toi et tes commentaires !
@Lapetitebricole : Yes dear, with pleasure !! ;-)
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