28 mars 2009
A l’endroit
Dans les bars, les filles
attendent des garçons, les garçons regardent les jambes et les seins des
filles.
Dans la rue, les enfants ne
voient pas le chemin passer parce qu’ils jouent avec tout, les chiens eux,
savent qu’ils sont bientôt arrivés.
Dans le métro, les gens sont
dans leurs vagabondages ruminants ou musicaux, le conducteur surveille l’heure,
les clochards dorment ou boivent, les rames passent jusqu’à 1h24.
Au supermarché, les filles
cherchent de l’eau plate, du jambon blanc, des tomates cerise, du chocolat, …
Et les garçons, des steaks hachés, de la bière, des DVD vierges.
A la boulangerie, les gens
viennent chercher du réconfort, du sucré, du croquant, du « encore
chaud attention », pour leur déjeuner ou leur goûter…
Chez le coiffeur, les gens se
regardent dans le miroir plus que d’habitude, se jaugent, se plaisent, ne sont
pas convaincus, hésitent, sont ravis, paient, s’en vont. Le coiffeur lui,
écoute et coupe en parlant, mais il sait qu’il ne faut pas trop couper les
longueurs avec elle, mais que lui, aime ressortir avec le crâne visible.
A la librairie, les gens errent
à la recherche d’un trésor littéraire dont ils ont entendu parler à la télé, à
la radio ou dans Télérama.
Dans les restaurants, les gens
mangent en parlant. Parlent en mangeant. Les filles prennent du poisson et un
moelleux au chocolat. Les garçons eux, préfèrent une entrecôte avec des frites,
puis un sorbet au citron.
Au travail, les gens regardent
leurs emails personnels et professionnels. Les gens travaillent quelques heures
puis vont fumer une cigarette, faire pipi, boire un café, passer un coup de
fil…
A la maison, le chat dort. Se
réveille, s’étire, se déplace jusqu’à la cuisine pour aller grignoter quelques
croquettes. Plus tard, il regarde par la fenêtre ces foutus piafs qui le
narguent.
Dans la vie, les gens cherchent
le bonheur. Avec un GRAND b. Les gens veulent un bon travail, un homme ou une
femme à leurs côtés, des enfants, une voiture, de l’argent, la santé, un chien
ou un chat, faire des voyages, faire des économies, inviter leurs amis,
organiser des surprises, s’offrir des trucs inutiles qui font plaisir, faire
des projets…
Dans les bars, les gens
commentent leur vie, en buvant des chocolats chauds, des bières ou des cafés.
Aux mille lieux…
24 mars 2009
Action ou vérité ?
Vous
vous souvenez de ce jeu ?
A
tout moment, à deux ou à vingt personnes, sans carte, sans jeton, sans crayon,
nous pouvions improviser une partie. Il fallait juste faire preuve de sincérité
et de folie. Ou alors, il fallait manipuler l’art du mensonge et de la comédie,
mieux que les autres.
Ce
jeu qui marque la pré adolescence et l’adolescence, ne se pratique pas entre
adultes. Peut-être parce que lorsqu’on grandit, les choses sont différentes.
Inutile de mettre en scène, le jeu est dans la vie.
Pour
ces jeunes, un tel jeu a il me semble, une fonction sociale. Il permet, à des
ados en prise avec leurs questionnements existentiels, de trouver des réponses.
Comme si, sans moyen pré requis, il garantissait cependant à lui seul, la plus
grande vérité de la part de chacun. Ainsi, si l’on acceptait d’y jouer, on
s’engageait à « jouer le jeu ». Il était parfois stratégique de
lancer un action ou vérité pour savoir si Stéphanie Duval était
amoureuse de Paul Morel, ou si Karine Lelong avait embrassé Yann Servin … Bref,
si l’environnement bougeait avec soi ou contre soi. Si le destin était
favorable ou pas. Le jeu était alors le prétexte à la vérité rendue publique.
Comme si demander, hors cadre ludique, n’était pour ces ados, par
accessible et inconcevable. Et comme si l’inter-personnel concernait la
communauté (Le postulat des journaux à potins non ?).
Les
actions quant à elle, avaient un caractère ludique, ridicule ou gênant parfois,
en fonction de son commanditaire. Aller déposer un baiser sur les lèvres du
recordman d’acné du collège, a eu sans aucun doute, un caractère héroïque pour
certains. Pour d’autres, aller graver ses initiales sur un arbre, relevait d’un
véritable acte d’amour. Bref, action ou vérité, permettait, dans un
cadre accepté de ses joueurs, de lever certains mystères et de mettre à
l’épreuve la timidité des têtes de turc. Par la même , il permettait au
groupe d’avoir le même niveau d’information, au même moment, et de
repositionner ses membres, en son sein…
Comment
font les adultes aujourd’hui pour avoir le même niveau d’information et pour se
repositionner ? Ils communiquent, ils avouent, ils écrivent, ils disent,
ils pleurent, ils hurlent, ils murmurent, ils revendiquent, ils défilent, ils
taisent, ils oublient, ils souffrent, ils s’isolent, ils tuent, ils blessent,
ils dominent, ils accompagnent, ils se substituent, ils essaient, ils avancent…
Ils
créent, ils dessinent, ils imaginent, ils testent, ils projettent, ils lancent,
ils parient, ils font, ils choisissent, ils modèlent, ils agissent…
Bref,
ils cherchent pour eux et pour le ou les collectif(s) auquel(s) ils participent
ou se sentent membre, tout moyen d’expression et d’action. Entre vérité et
action, entre silence et attentisme, entre mensonges et déni, entre passion et
révolution, entre empathie et écoute, entre douceur et tendresse, entre colère
et revendications…
A
nos moyens…
19 mars 2009
A bons nez
Le monde est ainsi fait, parmi les trésors que la vie nous
a donnés, il y a l’odorat. Chaque jour, nous sommes en contact avec des
dizaines d’odeurs, de parfums, de fragrances, de senteurs… Plus ou moins
agréables d’ailleurs !
Ainsi,
en fermant les yeux, nous pouvons grâce à notre nez, savoir où nous sommes, ce
qui se trouve autour de nous… Et nous transmettons ainsi à notre cerveau, les
infos dont il a besoin pour se repérer.
Ce
repérage est constitué d’indicateurs sociaux, environnementaux, urbains,
charnels, alimentaires, cosmétiques… qui vont aller chatouiller notre
intérieur : nos souvenirs pour certaines odeurs ou notre faculté de
découvrir et d’ajouter de nouveaux repères à notre mémoire interne.
Ces
nouvelles données seront ensuite rangées dans des dossiers.
Certains
dossiers sont communs à chacun d’entre nous, mais leur contenu est propre à
chacun…
Pour
ma part, dans mon dossier Enfance, il y a l’odeur des petits pois fraichement
écossés, l’eau de cologne, la poudre Guerlain, le fumier qui brûle, le gigot
d’agneau…
Dans
mon dossier Culinaire Suprême, il y a la galette des rois tiédie, l’huile
d’olive et l’ail dans une poêle, le chocolat chaud, le pain grillé, le café, le
rôti de bœuf, les pommes de terre sautées…
Dans
mon dossier Désagréable, il y a le métro, la litière du chat, la transpiration
excessive, les égouts, les cheveux gras, les draps sales, la nourriture
périmée…
Dans
mon dossier Sensuel, il y a l’odeur de la peau de l’Homme, sa transpiration,
certains parfums capiteux, nos odeurs après l’amour…
Dans
mon dossier Propre il y a la lessive juste étendue, l’eau de Javel, le produit
pour les vitres…
Dans
mon dossier Quotidien, il y a le thé fumant, le pain grillé, mes crèmes de
soin, de beauté, de jour ou de nuit, mes parfums, mes vêtements propres, le
printemps dehors ou la pluie grise polluée, le métro nettoyé ou pas encore, le
parfum de telle collègue, la transpiration de telle autre, le plat réchauffé du
midi, le café, la pomme, le stabilo, le radiateur électrique qui crâme peut-être,
mon écharpe qui sent moi, ma veste en cuir…
Et
vous ?
A
sens insensés…
14 mars 2009
Il était venu de Mars…
Fin 2007, lorsque j’ai connu M, j’étais loin de penser que
j’allais recevoir un tel électrochoc. D’un simple regard, la passion nous a
totalement infiltrés, et ce pendant 9 mois d’une intensité rare. Seulement
voilà, lui n’était pas libre et ne pouvait pas assumer financièrement sa
liberté. Ses petits « arrangements » avec la mère de ses deux
enfants, lui permettaient de s’adonner intégralement à ses activités
professionnelles et personnelles, se rejoignant en une même passion : la musique.
Alors pendant quelques mois, nous avons vécu l’embrasement caché de nos cœurs
et de nos corps, en sachant qu’un jour, tout cela finirait. Mais la passion et
l’élan étaient tels, que nous ne pouvions pas, ne pas les vivre…
M a inspiré tellement de choses, en moi, que son départ à laisser un vide que je n’ai pas totalement comblé depuis. A le côtoyer, l’inspiration créative m’avait prise moi aussi. Nous échangions à battons rompus sur ses compositions musicales sur lesquelles je mettais parfois quelques paroles. Et moi, les ailes me poussaient pour écrire davantage. Des textes, des poèmes, des nouvelles, des paroles… Chaque jour était mot. Tout de nous m’inspirait. Tout de lui. De son corps, de ses sourires, de ses attentions, de ses gestes. Et même si les désirs et les sentiments permettaient une écriture prolixe en moi, les moments sans lui, les manques, les doutes et la perspective de le perdre, m’inspiraient finalement tout autant. Ce fut des moments extraordinairement créatifs pour moi, qui étais alors habitée d’une facilité à écrire, à poser des mots sur des ressentis et des impressions. Une soif d’écrire coulait en moi, du matin au soir. Ma sensibilité à mon environnement était totalement décuplée.
En mars 2008, M a eu 40 ans. Cet âge lui inspirait des résolutions que j’estimais ironiquement « classiques »… allant de sa disponibilité vis à vis de ses enfants, à sa consommation d’alcool ou de sucreries. Amusée, je trouvais que la quarantaine le rendait encore plus attirant. J’avais une certaine fierté à être aimée d’un homme tel que lui : affirmé, artiste et mûr… Tout cela renforçait mon envie de le connaître plus, de l’aimer davantage et de prendre ce qu’il pouvait m’offrir.
Pour son anniversaire, je lui avais écrit un poème que j’avais intitulé « Mis en quarantaine ». Un poème léger et personnel, qui disait aussi mon envie de lui, d’aller vers lui, d’entrer en lui…
Mars 2009, d’ici quelques jours, M fêtera ses 41 ans. Depuis que notre relation s’est arrêtée, la vie a suivi son cours. Nous ne nous sommes pas totalement perdus de vue échangeant quelques rares sms tendres. Je pense souvent à lui je l’avoue. Avec du recul, j’ai l’impression d’avoir vécu un raz de marée. Une énorme vague qui m’a secouée et permis de comprendre que le curseur n’est pas forcément toujours là où l’on pense qu’il devrait être.
L’approche de son anniversaire, comme un soubresaut, m’inspire de nouveau un texte. Il trotte dans ma tête depuis quelques jours. Je ne l’ai pas encore matérialisé sur une page blanche. Pour le moment, il flotte, il se rappelle à moi, puis disparaît. Il vient, se transforme et se cherche, puis repose en silence. Je ne sais dire si je vais l’écrire ou pas. Et si je le fais, je ne sais dire si je vais lui faire parvenir… ou pas.
Avec du recul, j’ai la nostalgie de la profusion littéraire dans laquelle j’étais. Depuis, je me sens comme au ralenti. J’ai ce goût d’écrire vissé en moi, mais je sens que ce n’est plus aussi fluide et facile… Cela me demande maintenant plus d’effort.
Constat intéressant cependant. Situation mettant en
lumière, la nature et la place de mes réelles envies. Et pas uniquement pour ma
relation à l’écriture.
A nos chapitres…
09 mars 2009
Ola !
Me
voilà de retour, après quelques jours coulés dans la douceur printanière
espagnole, dans cette ville-enfant qu’est Barcelone… Ville-enfant pour toutes
ces bizarreries Gaudiennes, toutes ces courbes insolentes qui narguent
l’élégance et la rigueur haussmanienne que l’on
connaît. Ah les ballades le nez
en l’air, les yeux cherchant quelle création va nous surprendre… Ah les rayons
du soleil sur la peau… J’avais oublié comme cela était bon. Ah les Tapas le
soir, réconfortantes après les heures de déambulations fantasques… Ah la mer
et ses grands airs… Ah les bienfaits d’être loin de ses repères, de ses
rythmes, de sa langue maternelle, de ses habitudes… Ah le bien-être de se
réveiller chaque matin à côté de l’Homme… Ah les rires et les moments tendres…
Ah les mains dans les mains… Ah les verres de Lambrosco qui trinquent… Ah les
moments de complicité, simples et nourrissants…
Je
les ai pris, goulument. Pour inscrire loin d’ici, le passage entre l’avant et
l’après de ma vie
professionnelle. Pour marquer le démarrage d’une autre page…
Pour profiter de temps trop rares où le stress et les doutes n’existent pas.
Pour se sentir comme un enfant qui découvre l’inconnu dans tout. Pour être
surpris et pour avoir le sentiment d’accueillir l’essence même de notre
présence ici-bas.
A
leur Cava…
02 mars 2009
Journée « Moi Je »
Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui, premier vrai jour
de mes vacances tant attendues, je n’ai pensé qu’à ma gueule moi. Cette semaine
est une sorte de trait d’union, entre deux états. Entre deux univers
professionnels, entre deux horizons. Et avant de partir 5 jours se la couler
douce à Barcelone avec l’Homme, j’ai donc décidé de me retrouver.
Au
programme de ce lundi : Gym, Psy, Massage Chinois. Oui rien qu’ça !
Gym :
m’étant remise au régime, ou plutôt ayant repris mes bonnes habitudes, et ayant
perdu quasi 3 kilos, j’ai décidé de m’offrir l’un de ces dvd de gym qu’on fait
chez soi au chaud afin de me muscler tranquillou. Le ridicule ne tuant pas, je
le rappelle. Alors ce matin, pendant une heure, j’ai travaillé tout le haut de
mon corps dont les bras et les abdos (demain, j’enlève je fais le bas) et
croyez-moi, à l’heure où je vous parle, mes muscles ne me remercient pas.
Psy :
séance bi-mensuelle. Avec son lot de découvertes et constats. Avec ses
apprentissages… Avec ses émotions. Avec ses bienfaits, surtout. Ouf !
Massage
Chinois : la cerise de la journée. Pour mon anniversaire, A m’a offert un
bon pour un massage relaxant du corps, d’une durée d’une heure dans un salon
chinois, plutôt traditionnel. Mais elle m’avait dit entre temps que plutôt que
tout le corps, elle faisait le dos et la tête et que c’était divin. Je me suis
donc lancée en demandant un massage dos-tête et, je n’ai pas été déçue. Musique
douce, chaleur agréable, huile glissante, mains expertes, calme. Du pur bonheur.
Du coup, j’ai demandé à prolonger de moment, par un massage des pieds. J’ai
donc déménagé dans une autre salle, les pieds dans une bassine d’eau chaude
tout d’abord, puis massés longuement par la même jeune femme. Avec des passages
précis sur les points d’acupunture et les méridiens. A certains moments,
j’aurais bien donné des claques à la masseuse tellement cela me faisait mal…
Chaque point correspondant à un organe… A d’autres moments, je lui souriais de
bien-être ! Je suis ressortie de là, légère et détendue… Je pense qu’avec une
journée pareille, je vais passer une excellente nuit !
A
nos égoïsmes…