08 novembre 2009
Plaisir solitaire littéraire (3/3)
Elle releva son visage, réfléchissant sérieusement à cette hypothèse, ne sachant plus très bien si elle parlait encore à son libraire ou à un individu passé par là… et répondit, animée : « Oui… vous avez raison… ! J’ai cru pouvoir oublier ça, en avalant le récit d’une autre rupture, la meilleure qui soit. Mais finalement… c’est de l’amour dont on devrait se souvenir, c’est sur l’amour que l’on devrait se documenter, se renseigner, ce sont des témoignages de gens amoureux que l’on devrait lire… Cela nous préparerait peut-être mieux aux ruptures ? ».
Le libraire, médusé, la regarda, en se demandant si ces réflexions lui étaient réellement destinées… Il reprit en fronçant ses sourcils « … euh… Se préparer aux ruptures ?… »… « Oui ! Voir venir ! Ne pas se laisser prendre par le filet ! Louvoyer en toute connaissance de cause ! Ne plus souffrir… et… et… ne pas regretter ! Y aller, se jeter dedans comme si on allait mourir ! Aimer corps et âme ! S’enivrer de tout ! Etre vivant d’aimer !».
Elle se tut et revint à leur réalité. Son cœur battait plus vite… ses joues avaient rosies. Elle regarda le libraire sans le voir et sentit qu’elle s’était un peu emportée. Elle avança le long de l’allée, frôlant le libraire immobile et se planta devant les nouveaux romans, confuse... Elle parcourut rapidement les titres et ses yeux tombèrent sur « Assez parlé d’amour » d’Hervé Le Tellier. Quel titre ! Il tombe à point nommé ! Elle ne réfléchit pas, en saisit un exemplaire, se dirigea vers la caisse.
Elle sortit dans la rue, pris une grande bouffée d’air frais et se dit « Il a raison celui-là… assez parlé d’amour » !
A nos bons romans…
Cette nouvelle, est une extrapolation personnelle et maladroite sans doute ( !), pour exprimer combien j’ai aimé lire « Assez parlé d’amour » d’Hervé Le Tellier, paru dernièrement… Ma nouvelle et son roman n'ont rien à voir, si ce n'est le thème choisi.
07 novembre 2009
Plaisir solitaire littéraire (2/3)
Elle pénétra dans la librairie calme et longea discrètement l’allée et se dit Et si je m’achetais un bon roman, pour m’occuper l’esprit ? Un bon roman… Un roman. Qui soit bon. Bon pour moi. Les couvertures alignées, serrées les unes contre les autres, avaient beau rivaliser de couleurs et de titres marketés, elles ne semblaient pas l’attirer pour autant. Les quelques quatrième de couvertures consultées annonçaient des retrouvailles, des combats, des histoires de famille, des amours perdus, des enfants cachés, des juifs, des gens exceptionnels, des passés revenus… Mais pas de bon roman en vue. A priori.
Les allées la menèrent aux BD… deux ados aux jeans sales et troués lisaient assis par terre dans une sorte d’autisme enviable. Les sciences humaines pointèrent le bout de leur science, avec l’histoire, la psychologie, la sociologie… Mais pas de bon roman en vue.
Des allées de mots. Des montagnes de mots. Des milliards de choses écrites, sorties du silence.
Le libraire qui passait par là, avait remarqué le circuit de cette cliente connue. Indécise aujourd’hui… Il approcha calmement et murmura presque « Bonjour, je peux vous aider ? Vous cherchez quelque chose ? ». Elle ne sursauta pas, grâce à la délicatesse avec laquelle il avait parlé. Elle se tourna vers son libraire, en lui souriant, comme prise en flagrant délit d’indécision… « Ah... bonjour… ! En fait… je ne sais pas… je cherche un livre… qui soit… un bon roman ! ». Regrettant déjà d’avoir dit qu’elle cherchait un livre au milieu d’une librairie, elle plongea ses yeux sur l’étalage pour éviter le regard de son libraire.
Le libraire, amusé, repris « Un bon roman oui… Mais un roman… historique ? Un roman d’amour ? Un rom… ». Elle coupa nette l’énumération « Ah ! Oui ! Non ! Enfin, pas un roman d’amour mais un roman de rupture plutôt. Et un bon surtout !». Venir dans une librairie se changer les idées, pour demander finalement un « bon-roman-de-rupture » était le comble de la bêtise humaine… mais voilà, c’était dit.
Le libraire parut se rassembler intérieurement, en se demandant s’il avait bien compris la demande de cette cliente étrange. Ne la voyant pas bouger de sa troisième relecture de la quatrième de couverture du Routard Hongrie 2009 qui était devant elle, il dit très hésitant : « Mais mademoiselle, pour qu’il y ait rupture… il faut bien qu’il y ait eu amour avant… non ? ».
06 novembre 2009
Plaisir solitaire littéraire (1/3)
Sans vraiment savoir pourquoi,
elle se décida pour cette robe un peu démodée. Un dernier regard neutre à son
image dans le miroir de l’entrée, et là voilà qui quittait son appartement
parisien. Le ciel était immensément clair et il faisait beau, mais cela ne
suffisait pas à secouer sa lassitude. Elle marchait sur les feuilles orangées,
sans pensée, sans envie, juste rythmée par le craquement au sol. Le jardin des
Tuileries était à la même place, les pigeons abrutis, aussi. Entre sécurité et
agacement, elle ne savait plus très bien où elle se situait.
Le monsieur du kiosque à journaux,
lui aussi, n’avait pas le cœur à sourire. Il prit sa monnaie en silence en la laissant
prendre le Libé du jour. « J’achète
des mots, sans un mot » pensa t-elle, presque amusée. Sans but précis
pourtant, cette prise d’air lui fit du bien, un peu de bien. Elle alla se poser,
elle et sa robe ringarde, à une terrasse. Il faisait frais mais l’idée même
d’être assise enfermée avec tous ces c… gens, non vraiment elle n’en avait pas
le courage. Un serveur noir et blanc, dynamique et souriant, lui fonça
dessus ! « Bonjour
mademoiselle ! Qu’est ce que je vous sers ? »… Dans un
effort, elle tourna la tête et dit « Un
café allongé ». Le serveur tourna immédiatement les talons pour aller
crier la commande au bar intérieur. …
« Un Allongé. Oui c’est ça. Allongé. Qui durera un peu plus longtemps et
qui me réchauffera un peu plus, sans m’agresser. Voilà ». Ses yeux
finirent pas se noyer sur les allers et venus des passants de la rue. Un chien,
avec un vieil homme au bout d’une laisse, derrière. Des enfants occupés à mille
choses. Des couples plus ou moins proches. Des jeunes, collés, semblables, amusés… Diversité humaine, mouvements infinis...
Perte de soi aussi…
L’allongé prit sa place sur
la table dans un mouvement précis. Les volutes saveur café vinrent chatouiller
son esprit… Libé sortit de son sac et
elle en commença la lecture. Comme à son habitude, elle regarda rapidement
chaque page, puis lut les articles mentalement sélectionnés, en repartant de la
première page. « Comment lire des
horreurs en se délectant d’un allongé, sous un soleil d’hiver ?... Tout le
monde le fait de toutes façons ».
L’allongé trépassé, elle resta un
moment, juste présente à cet instant... Puis très vite, les réminiscences
indésirables la rattrapèrent, flottantes et sournoises… Sa peau, que je ne toucherai plus. Les souvenirs sensuels furent
les premiers puis vinrent les souvenirs sociaux. L’avenir, les projets, les envies… Terminés.
Quitter. Reprendre sa liberté.
Larguer. Lâcher. Rompre. Se séparer. Arrêter. Finir. La rupture d’avec celui
avec qui elle avait passé ces 3 dernières années, avait beau avoir été à son
initiative : sur cette terrasse, ce jour-là, elle mesurait réellement ce
que cela signifiait. Et ce que cela allait signifier, à partir de maintenant.
Son émoi s’apaisa doucement dans
la lenteur du temps. Laisser ressentir…
Et puis après tout, il faisait beau. De nouvelles voies s’ouvraient ou allaient
pouvoir s’ouvrir.
Ces pensées lui donnèrent l’énergie
de se lever vers nulle part, en lâchant quelques pièces sur la table. Marcher.
Paris en automne est agréable.
Les couleurs orangées se mêlent idéalement au gris du bitume. La Seine change
de ton. Et les parisiens s’affairent, en toute saison.
Elle déambula tranquillement,
passant du soulagement à la tristesse, de la tristesse à la mélancolie… et elle
arriva au niveau de cette librairie qu’elle aimait bien. Elle hésita et décida
d’y entrer faire un tour. Sa peau et nos
projets avortés restèrent sur le pas de la porte. Son libraire était là. Occupé à référencer quelques trouvailles...
30 octobre 2009
No more
Nos morts ne sont plus. No more. Mortel le jeu de mots
non !? Ok je sors.
Mais pas tout de suite… Car j’ai tant de choses à faire, j’ai tant de choses à dire.
Nos morts eux, c’est autre chose. Des « choses » oui,
autres, pas les mêmes que nous donc. « D’autres »…
Enfin je crois !
Enfin non, je ne crois plus, je ne suis plus croyante mais
certains le sont, encore. Moi no more.
La Toussaint approche. Elle nous rappelle à notre état
d’humain, mortel. Définitivement non infini, infiniment non définitif.
Pourtant certains sont convaincus qu’il y a une vie après la
vie. Ou plutôt, qu’il y a une vie après la mort. Une vie dont on ne sait rien.
La Toussaint me rappelle mes morts. Les miens. Ceux que j’ai
aimé, connu, côtoyé. Chacun d’entre eux, « reste ». Laisse une trace.
Une attitude. Un combat. Une image. Un toucher. Une passion.
Mes morts, ne m’ont laissé que de bons souvenirs finalement…
Ils ont emmené avec eux, les regrets, les non dits, les souffrances, les
colères, les secrets… Ils les ont mis quelque part dans un immense réceptacle
prévu à cet effet, pour nous alléger. Pour s’alléger eux aussi. Pour ne pas
trimballer ça, dans leur nouvelle vie post mortem.
Nos morts seraient donc généreux ? Les miens me donnent
cette impression. Je pense à eux, à leurs caractéristiques tant appréciées et
je souris.
Les moments les plus durs sont peut-être ceux de
l’immédiateté de la disparition… Quoi ? Il est parti ? C’est
terminé ?
D’ailleurs, je note souvent la difficulté qu’ont les vivants
à dire « il est mort ».
A cette expression, on préfère souvent « il est
parti ». « Il nous a quitté ». « Il est décédé ».
Disparaître. Partir. S’envoler. Passer de la présence à
l’absence. De la matérialité à l’abstraction. Puis mourir. Peut-être y a-t-il des
étapes en fait ?
Comme pour une naissance. On est pensé (ou pas), conçu, attendu,
on vient. Puis on est un bébé, un enfant, un ado, un jeune adulte, un adulte,
un adulte mâture, un vieux.
Les morts aussi ont leurs passages. Les morts tout juste
morts, sont « partis ». Mais les morts, enterrés depuis longtemps,
sont justement caractérisés par cela « Cela fait maintenant 25 ans que
pépé est mort. Tu te rends compte : 25 ans ! ». Pépé était
vieux. Il est un vieux mort.
Les morts sont un peu de nous. Ils ont essuyé des plâtres.
Les leurs. Nous sommes un peu de nos morts.
La Toussaint approche, et j’ai envie de partager avec des
lecteurs vivants, une pensée tendre et humaine, pour tous nos morts…
A life is life…
25 octobre 2009
Et vous ?
J'ai besoin de temps, je crois.
J'ai besoin de sécurité. Matérielle. Affective. Psychologique, sûrement !
J'ai besoin de parler avec les gens que j'aime, mais pas que de la pluie ou du beau temps.
J'ai besoin de désirer, des choses, des gens, des destinations, des moments.
J'ai besoin de sentir le regard des autres, de l'autre. Celui qui montre de l'intérêt, de l'envie, de l'harmonie. De la colère, des émotions surtout.
J'ai besoin de bouger mon corps pour le sentir. Sans cela, je suis coupée en deux. Et ça, ce n'est pas très bon...
J'ai besoin d'être attendue, désirée, imaginée... par celui que je désire, attends et imagine.
J'ai besoin de paix, de calme, de musique, de folie, de joies et de rires.
J'ai besoin d'apprendre à me rassurer sur qui je suis.
J'ai besoin d'espérer que mes besoins sont légitimes...
J'ai besoin de partager de temps en temps, un bon diner, avec des gens qui aiment cela autant que moi.
J'ai besoin de silence parfois.
J'ai besoin de tendresse, de câlins, de regards doux... sans attente. Sans enjeu. Juste pour le bien que cela me fait.
J'ai besoin d'entendre l'autre me dire, qu'il sent, ressent, pense à, pourrait, aimerait, espère... et que cela lui est inspiré par moi.
J'ai besoin d'imaginer ma vie dans 10 jours, 10 mois, 10 ans. Même si... ce sera forcément différent.
J'ai besoin de ne pas me noyer dans les besoins des autres.
J'ai besoin d'écrire parfois, pour exprimer mes besoins.
A nos maslowtions...
19 octobre 2009
Je panse et repense
Les enchainements de la vie sont parfois... soudains. Ils ne nous préviennent pas avant. Ou alors, s'ils l'ont fait, nous n'avons pas voulu les entendre. Les enchainements s'enchainent et nous enchainent à des chaines. Facile me direz-vous et pourtant, enchainés nous avançons heureux...
Vers de nouveaux élans, des horizons sensuels et des projets dynamisants.
Vers de nouvelles questions, de fraiches pensées et des remaniements internes, assurément certains.
Pourtant, les enchainements de la vie ne sont que des enchainements qui opèrent. Les opérations secrètes, nous ne les maitrisons sans doute pas tant que cela...
Si nous passons à autre chose, doit-on s'assurer avant que nous sommes prêts à cela ? Ou devons-nous nous laisser enchainer dans l'élan de l'enchainement ?
Et si nos chers rêves précédents s'estompaient ? Et si les découvertes abîmaient nos espoirs ?
Les enchainements sont-ils faits de nouveaux maillons ? S'alternent-ils avec les anciens ? Les vieux ? Les démodés ? Les fragiles ? Les éternels ? Les récents ? Les illusoires ?...
Les enchainés sont-ils attachés ? A qui ? A quoi ?
Quand on ne pense plus avoir la main, doit-on l'abandonner à d'autres ? Doit-on s'abondonner à d'autres ? D'autres mains ? D'autres bras ?
Si dans ces enchainements, nous perdons un peu de nos repères, doit-on tenter de les retrouver ? Doit-on s'en fabriquer de nouveaux ?
Les enchainements s'enchainent... mais nous ? Enchainons-nous au même rythme ?
Les enchainés cherchent les clés qui les libéreront de ces chaines-là, pour aller se méler à d'autres... Les enchainements sont des routes chargées. Chargées de rêves, de gens, de vide et de tout. Les enchainements nous mentent en créant des illusions... mais sommes-nous dupes ? Non.
Nous savons au fond ce qu'il en est de ces enchantements en forme de chaines. Nous connaissons par coeur ces embrigadements à la mémoire de nos besoins. Nous touchons souvent ces enchainements jamais vraiment les mêmes... Nous cherchons d'autres enrôlements, qui n'oublient pas nos lignes de fuite, et nous en donnent en retour. Nos enchainements de la vie brillent et lassent, attirent et font peur... et se déchainent, sur nous.
A notre superbe...
04 octobre 2009
L'environnement nous rappelle
Rompre avec celui ou celle que l'on a mis à une place particulière pendant un temps, n'est qu'une partie de la Rupture. Tout comme dans une recette, il y a des ingrédients, des quantités et un ordre d'utilisation. Sauf que souvent, on ne s'en tient qu'au souvenir, sans consulter précisément les étapes. Et l'on oublie souvent, que la rupture n'existe pas en tant que telle. D'autres ingrédients interviennent.
Une fois terminée la conversation qui pose la décision, une fois refermée la porte sur ce coucher de soleil, une fois jetée les mouchoirs humides... le reste commence. Cette autre partie à laquelle on ne pense pas... Les affaires de l'autre dans nos placards. Nos photos sur le frigo. Ses petits mots conservés. Ses sms dans notre portable. Et puis, expliquer qu'il ne sera pas là samedi. Que le week end prochain, le déjeuner familial se fera sans lui.
Expliquer. S'expliquer. Pré-venir... pour que l'environnement aussi, fasse le deuil, se remette à jour, repense son positionnement.
Je ne suis plus deux.
Et mon environnement non plus.
A mes répis...
01 octobre 2009
Il avait bien raison : la mer n'existe pas...
... Mais parfois, nous la rêvons. Les noyés ou presque, peuvent toujours s'accrocher à cette magnifique bouée de sauvetage.
Trêve de plaisanteries... (Si seulement...).
Ces jours-ci sort un film intitulé "500 jours ensemble". Je n'ai pas vu ce film, mais j'irai sans doute le voir ce week-end. Sans l'avoir vu, ce film m'inspire déjà. Sans doute parce qu'il décrit la réalité des relations sentimentales d'aujourd'hui. 500 jours de relation. Soit 1 an et quelques. Juste le temps de l'émerveillement, de la désillusion puis de la fin.
J'en suis là. Et même si rien n'arrêtera cette décision, je ne peux m'empêcher de ressentir quelque chose qui ressemble à un échec. Sans doute dans quelques jours, semaines, mois, j'aurais un autre discours sur cette histoire qui aura duré 400 jours. Mais là, j'ai comme un énorme sentiment de gâchis, d'inutilité et au final de soulagement.
Je me remets en question. Et ces questions touchent à ma responsabilité... En quoi, ai-je induit cette situation ? Qu'ai-je fait pour tout planter ? Qu'ai-je refusé ? Quel élément a résonné si fort pour que je décide de partir ?...
Je crois qu'il va falloir que j'accepte ce cycle moderne des relations sentimentales, loin des images idéales du couple pérenne à la vie à la mort. Sont-ils plus heureux ces gens-là ? Je ne sais pas.
Mes parents ensemble depuis le 14 août 1968, ont connu des hauts et des bas soit, mais vieillissent ensemble, de façon plutôt harmonieuse. Bien sûr la perfection n'existe pas mais ils sont l'image du couple dans laquelle j'ai grandi et à laquelle pourtant je ne m'identifiais pas.
Quoique... Vieillir avec un compagnon, un vrai compagnon de vie. Cela pourrait bien m'attirer, moi aussi.
Aujourd'hui ce qui est un pas de géant, c'est ma capacité à identifier de quoi j'ai besoin dans une relation.
Ce que je sais moins bien faire, c'est dissocier l'intérêt qu'un homme me porte, de l'amour que je peux avoir pour lui. En clair : est-ce que j'aime cet homme parce qu'il m'aime ? Ou, est-ce que j'aime cet homme tout court ?
Dans le premier cas, je finis par dégringoler de l'escalier en me foutant des claques. Dans le deuxième cas, je me noie d'amour, je donne tout et meurs d'amour un jour.
Vaste question... Posée comme un piège potentiel, une épée de Damoclès...
Dois-je commencer le deuil de l'homme, que j'aime, et avec qui je pourrais construire des projets fous et bons, avoir des enfants ?
Dois-je commencer à me programmer ? A me saucissonner ? Un homme pour l'amour, un homme pour faire des enfants ? Puis un homme pour vieillir ?
C'est tellement loin de mes rêves de fille et de femme !
Je vous l'avais bien dit : la mer n'existe pas.
A nos rivières
29 septembre 2009
Entre-d'eux
J'erre dans mes décisions avec précision puis défile devant elles avec indifférence, sans pouvoir les regarder en face. Je fais des pas en avant, telle une danse où le pas suivant part vers l'arrière, un cavalier à la main... Entre la poire et le fromage, je glisse mon couteau affûté pour rompre le silence qui me vide. Domptant ces failles, je ne peux pourtant pas les garder en moi. Je n'en veux plus guère, ni du tout.
Alors, j'écris des scenari imaginaires dans lesquels la vérité sera faite et les pendules remises à mon heure. Elles sont remontées et moi avec. Les évidences font preuves. Et ce ne sont pas les anglais qui diront le contraire (comprend qui veut). Cette fois, pas de défilé de molle. Pas de scoop idiot.
Si les sentiments d'amour sont multiples, ils ne se vivent pas de la même façon. Cette impression universelle ne s'envole pourtant pas avec l'eau du rien. Les jours se suivent et bientôt, ne se ressembleront pas.
A nos sauts
24 septembre 2009
Au terrible hiver où tu m'attends
J'ai décidé. J'ai bien réfléchi. J'ai pensé : recentrage.
RE centrage.
Comme un univers perdu. Un pas de trop. Ou un pas manquant.
J'ai repris :
des forces
mes billes
le chemin
possession...
Et j'ai bien fait. J'ai vaincu.
Je visite. Je prends mon billet pour des visites. Je fais la queue. J'attends mon tour. Et je suis con-vaincue qu'il viendra !
Energisée, dynamitée, dynamisée, énergisante.
C'est avec Jean-Louis que je trace ces lettres virtuelles sur un écran électronique et personnel.
Lui seul est invité ce soir.
Ses mots sont des antidotes à des poisons trop connus.
Je vais bien, je vais, je bien...
A nos incendies...